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Evénements en AFN après le 8 novembre 1942

 Chronique brève des évènements

 

Rappelons que le débarquement américain du 8 novembre 1942 en Afrique du Nord, baptisé Opération Torch, avait été préparé par les anglo-américains (mission Murphy, mission Clark et accords de Cherchel) avec la connivence d'un groupe de patriotes résidant en Algérie, de militaires de l'armée d'Afrique et de chefs des Chantiers de jeunesse, afin que ce débarquement se passât dans les meilleures conditions possibles, c'est-à-dire avec le minimum de casse au moment du baroud d'honneur que l'armée ne pouvait manquer de faire. Ne serait-ce que pour éviter en métropole de trop brutales mesures de rétorsion de la part des Allemands. A ce groupe s'était joint un envoyé du 2ème bureau, le lieutenant Henri d'Astier de la Vigerie, arrivé depuis un certain temps en Algérie sous la couverture d'un cadre des Chantiers de jeunesse. On peut supposer que le Maréchal et le général Weygand ne pouvaient que suivre les événements dans un silence complice eu égard à leur situation de personnes étroitement surveillées par les autorités d'occupation.

Au bout de 3 jours d'une bataille, commencée le 8 novembre, le commandement militaire français avec le Général Juin, le général Noguès, gouverneur du Maroc, et l'Amiral Darlan (qui la veille du débarquement était arrivé par hasard (?) au chevet de son fils hospitalisé) avait ordonné un cessez le feu. Il faut noter également qu'il avait été prévu par les Américains que le général Giraud, militaire de grand prestige, qui venait de s'évader (avec leur aide et celle du 2ème Bureau) de la forteresse allemande de Koenigsberg où il était maintenu prisonnier depuis la défaite, prendrait la tête d'une autorité française en AFN. Le jour du débarquement, Giraud était en transit à Gibraltar...Il allait rapidement rejoindre Darlan et Juin et constituer avec eux et les gouverneurs des diverses colonies françaises d'Afrique un pouvoir de fait (Conseil d'Empire) qui allait conclure avec les anglo-américains des accords politiques concernant dans l'immédiat la participation de l'Armée d'Afrique au combat contre l'Axe et pour plus tard la pleine restauration de la souveraineté française au moment de la libération du pays.

De Gaulle avait été tenu dans l'ignorance totale de la préparation de l'opération Torch car Les dirigeants américano-britanniques qui n'avaient pas confiance en un De Gaulle, soupçonné par Roosevelt d'intentions dictatoriales, lui préférèrent Darlan. Celui-ci d'ailleurs invoquant l'acte constitutionnel n° 4 quater qui le désignait comme successeur du Maréchal, se proclama le 14 novembre 1942 « Haut Commissaire de France en Afrique », « au nom du Maréchal empêché ». Il allait cependant être assasiné 10 jours plus tard, le 24 décembre 1942, par un jeune des Chantiers de Jeunesse, dont on avait monté la tête depuis un mois.

Giraud lui succéda alors avec le soutien des alliés. Mais afin de calmer les choses et d'unifier les différentes forces françaises (armée d'Afrique et FFL), Churchill et Roosevelt incitèrent fermement de Gaulle à venir à la Conférence de Casablanca de janvier 1943. Et en juin 1943, les deux autorités fusionnèrent dans un Comité français de la Libération nationale (CFLN) dont Giraud et De Gaulle étaient les co-présidents. Cependant, Charles de Gaulle allait rapidement prendre la prééminence dans le Comité dont il devint l'unique président en novembre 1943, en marginalisant Giraud à la suite d'une série de manoeuvres politiques rusées et machiavéliques tout à fait dans le style de l'auteur de "Au fil de l'épée" pour qui, on ne le rappelera jamais assez, "la fin justifie les moyens". N'importe quels moyens !

 



22/09/2015
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