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Conclusions du Dossier

CONCLUSION AVEC MARIO FAIVRE

 

Avec le témoignage du général Challe nous fermons ce dossier de la "face noire du gaullisme". Non pas que tout ait été dit sur le sujet… car il y a eu beaucoup d'autres exactions et d'autres infamies commises à des niveaux subalternes dont certaines se sont produites ultérieurement avec le néo gaullisme des Pasqua et autre SAC….mais tout l'essentiel a été évoqué en une synthèse ramassée et véridique. Ajoutons qu’il s'agit en l'espèce de faits authentiques et publics qui n'ont pu être totalement étouffés…

 

D'aucuns diront qu'il existe une "face lumineuse du Gaullisme"...Voire ! Nous ne le pensons pas, en raison des faits qui sont indiscutables mais nous attendrons que toutes les archives soient ouvertes et que les historiens en décident. Pour l'heure nous croyons que l'aventure gaulliste sous la direction d'un paranoïaque a trompé beaucoup de bonnes volontés qui ont cru mener le bon combat et ont été complices passivement de beaucoup de malheurs pour la France. Nous regrettons seulement qu’il puisse y avoir, grâce à la propagande, des dupes qui croient encore que DE GAULLE a sauvé par deux fois la France alors qu’il n’a été qu’un malade mental qui a profité des circonstances, de la violence, et du travail déjà préparé ou réalisé par d’autres que lui, pour se couler dans la peau du Lion avec l’aide d’un petit cercle de carriéristes sans scrupules…

Dans notre démarche il n’y a aucun souci de vengeance, simplement la volonté de rétablir la Vérité, toute la Vérité…

Les Amis du 13 mai 1958 d’Alger

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Nous donnerons le dernier mot, en conclusion, à l'un de ceux qui ont permis à l'aventure gaulliste de prendre son essor en Algérie avec l’assassinat de l'Amiral Darlan. Qui mieux placé que lui pour clore avec force le récit d’une aventure qu’il avait inconsidérément amorcée avec quelques autres, puis suivie et reconnue comme extrêmement néfaste ?

 

Mario Faivre, Français d'Algérie, fils du poète Marcello Fabri, a été l'un des participants à la préparation du débarquement américain et surtout l'un des instigateurs de l'assassinat de Darlan pour le compte de l'Homme de Londres. Voici ce qu'il écrit par honnêteté morale, la désillusion étant venue, dans une lettre adressée au général Béthouart le 18 décembre 1975, à l'occasion de la sortie de son livre intitulé : Nous avons tué Darlan. - Editions de la Table Ronde - 1975

 

Lettre de Mario Faivre adressée au général Béthouard le 18 décembre 1975

 

« Vous m'écrivez, mon Général, que vous jugez de Gaulle absolument incapable de patronner un crime politique. Si l'action de De Gaulle, de 1940 à 1945, malgré certains de ses aspects qui sont assez répugnants, a, sans doute, évité à la France un régime communiste à la Libération, (ndlr : ce qui est très discutable, car De Gaulle s'est imposé à la Libération avec l'aide des communistes; et si la tentative de putsch communiste n'a pas réussi, c'est grâce aux socialistes et à Ramadier) je pense que son règne, de 1958 à 1969, n'est qu'une succession de crimes, certains inutiles, d'autres aux conséquences catastrophiques. 

 

"Avoir, durant les années qui ont précédé son retour au pouvoir, fait voter à chaque occasion ses partisans avec les communistes pour enlever toute chance au régime démocratique et à la République de réussir dans ses entreprises, je pense que c'est un crime. Avoir empêché l'Europe de se constituer à l'époque où c'était possible, je pense que c'est un crime. Avoir promis l'Algérie française, pour reprendre le pouvoir, alors qu'il était déjà décidé à faire le contraire, je pense que c'est un crime. Avoir détruit l'armée, je pense que c'est un crime. La fusillade de la rue d'Isly, où plus de cent personnes, hommes, femmes, enfants, ont été assassinés alors qu'ils chantaient la Marseillaise, je pense que c'est un crime. Le sac de Bab-el-Oued, meurtres, viols, pillages, je pense que c'est un crime. Les enfants tués sur les balcons par les gendarmes mobiles, parce qu'ils s'y trouvaient malgré le couvre-feu, je pense que c'est un crime. Les gamins abattus sans sommation parce qu'ils inscrivaient O.A.S. sur un mur, je pense que c'est un crime. Les camps de torture, qui n'avaient rien à envier à la Gestapo, les assassinats commis par les barbouzes, je pense que c'est un crime. Avoir livré l'Algérie au F.L.N. et à la misère, je pense que c'est un crime. Avoir abandonné le pétrole du Sahara livré à de douteux accords bancaires qui se sont révélés être des chiffons de papier, je pense que c'est un crime. Avoir empêché les harkis de gagner la Métropole, vouant ainsi à l'assassinat plusieurs dizaines de milliers d'entre eux, je pense que c'est un crime. Avoir assassiné par peloton d'exécution interposé mon ami Roger Degueldre, alors que la guerre d'Algérie était terminée et que ne pouvait plus être invoquée l'exemplarité, je pense que c'est un crime. Avoir détruit ce qui restait de sens moral, peut-être enlevé ses dernières chances à notre civilisation, je pense que c'est un crime (…) »



23/09/2015
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